L’Oued Sakia El Hamra constitue l’un des écosystèmes humides d’intérêt écologique majeur aux confins du Sahara marocain. Ce cours d’eau intermittent, qui traverse un vaste territoire désertique avant de se jeter dans l’océan Atlantique, forme une véritable oasis de vie dans un environnement aride, offrant un habitat essentiel à de nombreuses espèces animales et végétales.
La désignation de la zone humide de l’Oued Sakia El Hamra comme site Ramsar en avril 2019, témoigne de son importance pour la conservation des oiseaux d’eau et la préservation de la biodiversité saharienne. Cette reconnaissance souligne également son rôle déterminant dans la régulation hydrologique et le maintien des équilibres écologiques locaux.
L’Oued Sakia El Hamra occupe, en outre, une position stratégique sur la route migratoire paléarctique occidentale reliant l’Europe à l’Afrique subsaharienne. Chaque année, le site accueille des milliers d’oiseaux migrateurs, hivernants et nicheurs, qui y trouvent une halte indispensable pour se nourrir, se reposer et se reproduire.
Le site abrite régulièrement plus de 25 espèces d’oiseaux d’eau, pour un potentiel estimé à une soixantaine d’espèces. Parmi les espèces emblématiques figurent le flamant rose, le canard pilet, le canard souchet, le fuligule milouin et la sarcelle marbrée, cette dernière étant classée espèce vulnérable à l’échelle mondiale.
Des études récentes ont par ailleurs démontré que plusieurs espèces d’oiseaux aquatiques utilisent ce site pour nidifier et se reproduire, confirmant ainsi le rôle de l’Oued Sakia El Hamra en tant que refuge écologique tout au long de l’année.
Dans une déclaration à la MAP, le chef du service animation et partenariat à la Direction régionale de l’Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF) de Laâyoune-Sakia El Hamra, Achraf Batti, a indiqué qu’une grande partie de l’oued a été classée Ramsar sur une superficie d’environ 9.500 hectares, couvrant sa partie inférieure.
Ce site s’étend de l’océan Atlantique, au niveau de la commune de Foum El Oued, en passant par la commune de Laâyoune, jusqu’à la partie supérieure située dans la commune de Dcheira, a-t-il précisé, notant qu’au-delà s’étendent de vastes dunes désertiques d’une grande beauté.
Selon lui, cet espace regorge d’espèces végétales adaptées au milieu désertique et constitue un environnement privilégié pour la migration et la reproduction de plusieurs espèces d’oiseaux. Cette richesse avifaunistique s’accroît notamment durant les périodes de migration, en particulier en hiver.
Par ailleurs, M. Batti a souligné que la Direction régionale de l’ANEF œuvre à promouvoir l’écotourisme tout en veillant à concilier la préservation des ressources naturelles, la sauvegarde de la biodiversité et la gestion durable du site, en concertation avec les acteurs locaux et les représentants de la société civile.
Pour sa part, le chercheur en ornithologie appliquée, Hamid Rguibi Idrissi, a relevé que la position biogéographique de l’Oued Sakia El Hamra confère à ce site une valeur scientifique notable, notamment pour l’étude des mécanismes d’adaptation des espèces aquatiques aux conditions extrêmes, ainsi que pour l’analyse des dynamiques saisonnières de fréquentation des oiseaux dans les zones humides saharo-atlantiques.
Il a également souligné que l’inscription du site dans la convention de Ramsar renforce sa portée scientifique et environnementale à l’échelle internationale, en particulier dans le cadre des programmes de suivi écologique des zones humides sahariennes.
Dans ce sens, il a estimé que le renforcement des dispositifs de recherche appliquée, à travers le suivi ornithologique standardisé, la cartographie des habitats et l’évaluation des impacts climatiques, permettrait de mieux orienter les politiques de conservation et de valorisation écologique.
Par ailleurs, M. Rguibi Idrissi a insisté sur la nécessité de mettre en place un circuit écologique le long de l’Oued Sakia El Hamra, accompagné de la création d’un centre d’éducation environnementale destiné aux élèves, aux étudiants et au grand public de la région.
De leur côté, des acteurs associatifs engagés dans le domaine environnemental ont appelé au renforcement des mesures de conservation, à l’instauration d’un suivi régulier des populations d’oiseaux et à la sensibilisation des communautés locales, afin de garantir la durabilité de cet écosystème.
Véritable sanctuaire naturel, l’Oued Sakia El Hamra se distingue par la richesse de sa biodiversité floristique et faunistique, ainsi que par la diversité de ses paysages. Sa préservation demeure toutefois tributaire de la mobilisation de l’ensemble des parties prenantes, en vue d’assurer sa pérennité et la conservation de ses équilibres écologiques.
(MAP: 26 Mars 2026)






